L’entreprise joue un rôle social de premier ordre, que ce soit vis-à-vis de ses salariés ou vis-à-vis de la société dans son ensemble. La Responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est un véritable enjeu de société pour faire face aux défis environnementaux et à la justice sociale. Mais c’est aussi, une réponse à la recherche d’un nouveau modèle de développement économique.

 

Qu’est-ce que la RSE

Responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) est la traduction en français de Corporate Social Responsability (CSR), « Responsabilité Sociale de l’Entreprise ».

Outre-manche, le terme social défini pour l’entreprise, une responsabilité envers toute la société, (sur les rapports humains, les milieux naturels, les évolutions législatives…) alors qu’en France, le terme est plus restrictif, se rapportant essentiellement aux rapports sociaux dans l’entreprise. Le Ministère de la transition écologique et solidaire a donc souhaité modifier la traduction de « social » au profit du terme « sociétal », beaucoup plus large.

La RSE est « un « concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs interactions avec leurs parties prenantes sur une base volontaire ». C’est « la contribution des entreprises aux enjeux du développement durable »

La RSE permet d’associer, logique économique, responsabilité sociale et écoresponsabilité.

Les origines de la RSE

Elles sont multiples.

La RSE est parfois assimilé à un mode managériale « importé » des États-Unis, alors qu’on retrouve des origines religieuses beaucoup plus anciennes… donc européenne.

La théorisation de la RSE est intimement liée à la manière dont le protestantisme mais surtout le catholicisme, ont assimilé l’essor du capitalisme. Du côté protestant, de l’idée selon laquelle un contrat implicite lie l’entreprise et la société, et du côté catholique, de la doctrine sociale de l’Église.

Le XIXe siècle est marqué par un capitalisme très dur, le Pape LÉON XIII, en dénonçant la concentration des richesses de la bourgeoisie, les conditions de travail et les salaires insuffisants, marque les débuts de la RSE sociale.

Dans sa lettre encyclique, « Rerum novarum », sa Sainteté rédige un plaidoyer pour la solidarité. Là où Marx ne voit que la lutte des classes, le Pape propose… une véritable amitié. « Les « classes » ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. »

Le Pape Pie XI, dans « Quadragesimo Anno », construit les bases de la morale des affaires en parlant « d’ordre économique dans l’ordre moral » et préconise l’établissement d’un ordre social fondé sur le principe de subsidiarité.

Le pape Jean-Paul II en 1991, dans « Centesimus annus » aborde pour la première fois la question de l’écologie : « l’homme consomme de manière excessive et désordonnée les ressources de la terre et sa vie même »

Cette quête nouvelle de spiritualité managériale semble répondre à une demande de régénération là où l’idéologie « actionnariale » a pu affaiblir le sens du travail.

Les théories de la RSE ou la réinvention du capitalisme.

1889, Andrew Carnegie, immigrant écossais, industriel et philanthrope, qui dans son œuvre « Evangile des riches » (The gospel of wealth), aborde une série de réflexions relatives aux responsabilités des riches hommes d’affaires de son époque et de leurs devoirs de redistribuer, en vue de l’intérêt public. Il en fera sa philosophie de vie et redistribuera sans compter.

  • « La question de notre époque est la répartition adéquate des fortunes afin que les liens de fraternité puissent continuer à maintenir ensemble les riches et les pauvres en relations harmonieuses. »
  • « Ma définition du succès est la suivante : le pouvoir qui permet d’acquérir ce que l’on attend de la vie sans violer les droits des autres. ».

 

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