« La médecine est complexe, délicate mais noble. Elle n’est pas une science exacte, elle s’articule entre une relation d’aide centrée sur le patient, impliquant du savoir, des outils, des techniques… et surtout des femmes et des hommes, faillibles, perfectibles, vulnérables mais par-dessous tout… précieux et respectables. » (Pr. Eric Galam)

Le secteur de la santé traverse depuis 10 ans une crise majeure. Le nombre de médecins ne cesse de diminuer (-8,6% depuis 2007) alors que le taux de suicide lui augmente tant chez les infirmiers(ères) que chez les médecins.  La faute à une charge de travail ne cessant d’augmenter et à un management d’entreprise qui fait des ravages.
Etat des lieux de nos structures hospitalières pour la France métropolitaine et les départements et régions d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Mayotte).

Paru dans la collection 2017 « Panoramas de la DREES » du Ministère de la Solidarité et de la Santé, les établissements de santé proposent, chaque année, une synthèse des principales données disponibles sur l’ensemble des établissements de santé français, pour l’année 2015.

Cela représente, 3089 structures disposant de capacités d’accueil en hospitalisation à temps complet ou à temps partiel.

Parmi les 1389 entités du secteur public :

  • 178 centres hospitaliers régionaux (CHR), qui assurent les soins plus spécialisés et courants à la population la plus proche ;
  • 962 centres hospitaliers (CH), prenant en charge la plupart des courts séjours, ainsi que les soins destinés aux personnes âgées ;
  • 96 centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie ;
  • 153 autres établissements publics, correspondant pour la majorité à des unités de soins de longue durée (USLD).

Parmi les 1700 structures hospitalières privées, dont le nombre a diminué sous l’effet des réorganisations et restructurations liées notamment à la rationalisation et à l’amélioration de la qualité des prises en charge :

  • 1009 cliniques privées à but lucratif ;
  • 691 établissements privés à but non lucratif, dont 21 centres de lutte contre le cancer (CLCC).

Quelques chiffres, simplement sur l’année 2015 :

  • 12 millions de séjours en hospitalisation complète,
  • 16 millions de journées en hospitalisation partielle,
  • 2,4 millions de séances de chimiothérapie ambulatoires,
  • 6,4 millions de séances de dialyse,
  • 3,7 millions de séances de radiothérapie.
  • 20,3 millions de passages aux Urgences, soit 3,0 % de plus qu’en 2014, avec une progression régulière de 3,5 % par an en moyenne.

L’augmentation du nombre de prises en charge, sous l’effet du vieillissement de la population et l’accroissement des pathologies chroniques, obligent les structures hospitalières à s’adapter en modifiant en profondeur leurs modes d’intervention et leur organisation.

Le personnel est composé de médecins, odontologistes et pharmaciens, auxquels s’ajoutent les internes et faisant fonction d’internes (FFI), les sages-femmes et les personnels non médicaux. Ils peuvent être salariés, à temps plein ou à temps partiel, ou exercer comme libéraux, rémunérés à l’acte directement par le patient (ou par sa caisse d’assurance maladie).

En 2015, le nombre d’emplois médicaux, y compris internes et FFI, s’établit à 189 0003, soit une hausse de 1,1 % par rapport à 2014.

Les emplois salariés de médecins, odontologistes et pharmaciens, représentant 74 % de cet ensemble, sont stables. Le nombre d’internes et de FFI continue de progresser à un rythme soutenu, tendance observée depuis le relèvement du numerus clausus en médecine depuis 2000 et de la réforme de l’internat de médecine de 2004.

85 % des libéraux exercent dans les établissements privés à but lucratif.

Les personnels non médicaux et les sages-femmes sont plus d’un million de salariés en équivalent temps plein (ETP), dont les trois quarts exercent dans des hôpitaux publics, le quart restant se répartissant à parts égales entre les établissements privés à but non lucratif et les cliniques privées :

  • 708000 personnels soignants en ETP (dont 15000 sages-femmes,

313000 infirmiers et 227 000 aides-soignants),

  • 134 000 personnels administratifs
  • 111 000 personnels techniques.

A la lecture de ces chiffres ce qui parait très étonnant, c’est le nombre, plus qu’important de personnels administratifs et techniques dit « fonction supports ». 2.5 fonctions supports pour 7 soignants… Mais à quoi servent autant d’administratifs à l’ère de la digitalisation ?

Il a été demandé aux praticiens et aux personnels soignants d’évoluer vers des compétences plus techniques et pointues mais il n’y a pas eu cette même ligne de progression sur les fonctions supports alors que leur métier, c’est aussi complexifié et nécessite une montée en compétence afin d’intégrer d’autres paramètres comme les aspects qualitatifs, normatifs, règlementaires et surtout managériaux. Cette carence a créé un delta et un sentiment de flicage, plus qu’une aide pour les soignants. Les fonctions supports devraient être recentrées sur l’aide à apporter aux soignants et non uniquement focalisées sur le contrôle de gestion.

 

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